Vous avez entendu parlé de PPS, Projet Personnalisé de Scolarisation mais vous ne savez pas vraiment de quoi il s’agit ? Votre enfant a des troubles des apprentissages ou un trouble du développement et bénéficie peut-être déjà d’un PAP ? Alors qu’est-ce que ce plan va apporter de plus à votre enfant ? En a t-il vraiment besoin ? Si oui, comment en bénéficier ? N’est-il pas trop long à mettre oeuvre ? Beaucoup de parents connaissent peu ou pas le Projet Personnalisé de Scolarisation et prive leur enfant d’aménagements scolaires auxquels il a droit. Dans cet article, vous allez apprendre ce qu’est un PPS, comment l’obtenir en 5 étapes simples, et éviter les erreurs qui font traîner ou refuser un dossier.
Le Projet Personnalisé de Scolarisation : Définition
Le Projet Personnalisé de Scolarisation aussi appelé PPS concerne les élèves, reconnu par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), comme étant en situation de handicap. Comme son nom l’indique, c’est un plan d’action individualisé. C’est à dire propre à votre enfant, défini en fonction de ses besoins spécifiques liés à ses difficultés. L’objectif : lui permettre de poursuivre au mieux ses apprentissages. À la suite de son élaboration, l’équipe éducative doit pouvoir proposer des adaptations concrètes à l’élève.
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PPS ou PAP : quelle différence ?
C’est la question que se posent la majorité des parents avant même de penser au PPS. Le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) s’adresse aux élèves ayant des troubles des apprentissages, sans reconnaissance de handicap par la MDPH. Le PPS, lui, nécessite cette reconnaissance et ouvre droit à des compensations plus larges : aide humaine (AESH), matériel adapté, prise en charge de certains frais. En résumé, quand le PAP ne suffit plus, c’est souvent le PPS qui prend le relais.
À quel moment envisager un PPS ?
Le PPS est souvent envisagé alors que d’autre plans de scolarisations ont déjà été mis en place mais n’ont pas suffit. C’est fréquemment le cas, pour le Troubles du Développement de la Coordination (Dyspraxie) notamment lorsqu’il est associé à d’autres troubles. Pourquoi ? Parce que ce trouble est très hétérogène : il varie fortement d’un enfant à l’autre, avec des degrés de sévérité différents, ce qui fait qu’on peut facilement passer à côté. Et c’est tout le drame du handicap invisible.
Bien souvent, les parents attendent, en pensant qu’avec le développement normale de l’enfant, les troubles vont disparaître. Mais quand çe n’est pas le cas, l’enfant se retrouve en grande souffrance à l’école, parfois même en échec scolaire.
Pour éviter cela à un maximum d’enfant, j’ai écris un guide d’observation gratuit pour déceler une dyspraxie dès 4 ans. Et si vous soupçonnez un autre « Dys » ou un TDAH, sur le blog, vous trouverez également mon guide de repérage , conçu pour vous aider à repérer les bons signes des différents troubles et savoir exactement quand consulter. Aussi, et pour répondre directement à la question, à quel moment demander le PPS, et bien ce sera dès que vous avez un diagnostic.
Comment et à qui demander un Projet Personnalisé de Scolarisation ?
Quelles sont les étapes de demande du PPS ?
Le PPS se demande par les parents ou les responsables légaux de l’enfant auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH). Voici comment procéder, en 5 étapes simples :
Étape 1 : Solliciter une équipe éducative. Vous demandez à l’enseignant et/ou au directeur de l’établissement où est scolarisé votre enfant de réunir une équipe éducative (enseignant, enseignant R.A.S.E.D. (Réseau d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) s’il y en a, directeur, etc.) en votre présence.
Étape 2 : Faire le point lors de la réunion
Au cours de cette réunion, toutes les observations sur la scolarité de votre enfant sont recueillies : les aménagements déjà mis en place, les difficultés rencontrées, et ce qui est attendu pour sa classe d’âge.
Étape 3 : Remplir le Geva-Sco
Ces observations sont consignées dans le Geva-Sco, le Guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation. C’est simplement le support sur lequel sont notées les difficultés de l’élève pendant sa scolarité.
Étape 4 : Transmettre le dossier à la MDPH
Une fois le Geva-Sco complété, vous le transmettez à la MDPH, accompagné du dossier de demande prévu à cet effet.
Étape 5 : Évaluation et élaboration du PPS
L’équipe pluridisciplinaire de la MDPH évalue ensuite les besoins de votre enfant et élabore le Projet Personnalisé de Scolarisation.
Pourquoi devez-vous monter un dossier MDPH pour un Projet Personnalisé de Scolarisation ?
Oui, car c’est bien dans le cadre d’un montage de dossier MDPH que le Projet Personnalisé de Scolarisation peut-être demandé. Et c’est là que le bât blesse ! Je pense que beaucoup de parents ont entendu parlé de ce fameux dossier et pensent qu’il est long à monter, que la MDPH met du temps à l’examiner et que souvent elle refuse tout en bloc.
Et pourtant, ce dossier peut tout changer pour la prise en charge de votre enfant. Bien construit, il peut vous permettre de :
- Payer les frais de rééducation non remboursés par la Sécurité sociale
- Obtenir une aide humaine en classe (AESH)
- Bénéficier d’aménagements et de matériel adapté (ordinateur, etc.)
Tout ceci permet à l’enfant de réussir à la hauteur de ses capacités, et lui ouvre un horizon plus large sur ses possibilités.
La réalité derrière les dossiers refusés
Un dossier MDPH mal préparé, incomplet, avec un Geva-Sco trop vague ou des pièces manquantes, a beaucoup plus de risques d’être refusé ou renvoyé pour complément, ce qui peut retarder la prise en charge de plusieurs mois. La différence se joue souvent sur des détails précis : la façon de décrire les difficultés de l’enfant, les bons justificatifs médicaux à joindre, et la manière de formuler les besoins de compensation.
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Combien de temps pour obtenir un PPS ?
Une fois que la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) à validé le PPS, il doit-être rapidement mis en oeuvre selon la loi handicap du 11 février 2005. Suivant le principe du droit à compensation du handicap enoncé, l’école doit pouvoir mettre en place les aménagements nécessaires le plus tôt possible.
Si une AESH mutualisée (aide humaine) est notifiée, l’enfant pourra bénéficier de celle déjà mis en place pour un autre enfant, par exemple dans sa classe. C’est ce qui s’est passé pour mon fils. En revanche, s’il n’y en a pas encore, cela peu prendre plusieurs mois. C’est l’enseignant référent du secteur où est scolarisé l’enfant, qui va être chargé de la mise en oeuvre du PPS avec l’Equipe de Suivi de Scolarisation (ESS).
Quels sont les autres plans de scolarisations ?
Pour permettre une école inclusive et qui ne laisse normalement personne sur le bord du chemin, il existe plusieurs plans de scolarisation. Puisque une image est souvent plus parlante que mille mots, j’ai réalisé deux infographies pour vous aider à visualisr rapidement ces différents plans et les aménagements possibles pour chacun.


En résumé
Un Projet Personnalisé de Scolarisation sert à mettre en place des stratégies de compensations au handicap de l’enfant dans sa scolarité. Il est attribué par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées. Ce sont les parents qui le demandent, en constituant un dossier auprès de la MDPH de leur département.
conclusion
Même si le handicap de votre enfant est invisible, et que vous pensez qu’il est difficilement diagnosticable, ça vaut le coup d’essayer. Si votre enfant à des difficultés à l’école et que les aménagements déjà mis en place ne suffisent pas, il faut peut-être aller chercher plus loin. Le mot handicap ne doit pas faire peur: un enfant est plein de ressources mais s’épuisera vite si ses difficultés ne sont pas reconnues.
N’ayez pas peur de monter un dossier MDPH, même si on vous a peut-être découragée en vous disant que c’était long et voué au refus. Un PPS est un véritable levier pour permettre à votre enfant de réussir à la hauteur de ses capacités, dans une école inclusive où chacun a ses chances.
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