Quelle orientation pour un enfant dyspraxique après le CM2 : SEGPA ou Ordinaire ? Quelle est la différence ? Qui décide ? Ce choix est-il décisif pour l’avenir scolaire et professionnel de l’enfant dyspraxique ? Si vous vous posez la question, lisez ce qui suit.

Classe SEGPA et Classe ordinaire : quelles différences ?

Définition classe ordinaire et classe SEGPA :

Pour bien comprendre la différence, voyons les définitions. Une classe SEGPA est une classe à Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté. Ce qui veut dire que les cours enseignés sont les mêmes que dans une classe dite ordinaire. On y apprend donc toutes les disciplines obligatoires pour l’acquisition du socle commun (français, maths, histoire/géo, enseignement moral et civique, anglais, sciences de la vie et de la terre, etc.) Elle se situe à l’intérieur d’un collège dit “ordinaire”. Il y a des séquences d’apprentissage avec les élèves des autres classes et des projets communs entre les classes de la Segpa et les classes du collège. Alors quelle différence il y a t-il entre une classe SEGPA et une classe ordinaire ?

Différences entre classe SEGPA et classe Ordinaire :

À ce stade, on pourrait croire qu’il n’y en a pas. Et pourtant, détrompez vous ! Pour commencer, une des différence les plus marquée, réside dans le nombre d’élèves. Ils ne sont jamais plus de 16 élèves par classe.

Ensuite, elle regroupe les enfants ayant des difficultés scolaires graves et persistantes. Ils n’ont donc pas atteints les connaissances attendues en fin de CM2. Ces élèves présentent d’importants retards d’apprentissages qui n’ont pas pu être rattrapés ni par les actions de soutiens mis en place, ni par les différents plans de scolarisations . Le profil des élèves peut-être autant des enfants en décrochage scolaire, qu’avec des troubles des apprentissages “dys”, avec ou sans PPS, ou encore des enfants avec un TDA/H. Les élèves qui arrivent dans cette section peuvent donc être orientés soit par la MDPH, soit par la C.D.O.E.A (Commission D’Orientation vers les Enseignements Adaptés). Cette dernière s’élabore suite à un commun accord entre les parents, l’enseignant et la psychologue scolaire qui aura vu au préalable l’enfant. Une orientation en SEGPA peut aussi être demandé au collège, suivant les mêmes conditions.

Quels diplômes après la SEGPA ?

Une des différence marquée d’avec une classe ordinaire, se situe dans l’ajout d’enseignements complémentaires. Après le cycle 3, soit dès la 5ème, les élèves sont très vite orientés vers des apprentissages pré-professionnels, assurés par des professeurs de lycée professionnels. Ceci, in fine, dans le but de pouvoir accéder à une formation professionnelle diplômante, de type CAP/BEP. Pendant sa scolarité, le jeune sera amené à réaliser des stages en entreprise (en 4e et en 3e). Dans cette logique, en fin de 3ème, ils sont présentés à la série professionnelle du Diplôme National du Brevet, le DNB Pro. Et après ?  Ils vont généralement dans un lycée professionnel ou en centre de formation d’apprentis (CFA).

Est-il préférable que votre enfant dyspraxique soit orienté en SEGPA ou pas ?

On a vu que la SEGPA préparée très tôt les enfants à une orientation professionnelle. Donc, pour répondre à cette question, il est bien, à mon sens, de connaître quels sont les métiers que les élèves vont découvrir pendant leur cursus ? Et de mettre en corrélation les aptitudes naturelles des enfants dyspraxiques ainsi que leurs difficultés.

Quels sont les métiers découverts, pour quelle orientation ?

Très souvent, les métiers découvert sont ceux du bâtiment, des services d’aides à la personne ainsi que les métiers de la restauration. Pour plus de précisions, vous pouvez allez lire le rapport 2018 de l’IGEN. Il dit, que les champs professionnels prédominants sont : l’HAS (Hygiène alimentation services) et HABITAT. Les autres champs professionnels ERE (Espace rural environnement) et VDL (Vente distribution logistique) sont proposés dans une logique de complémentarité et de mise en réseau des SEGPA. Par contre, l’enseignement en lien avec la découverte professionnelle “est souvent abordé sans lien réel avec la construction des compétences du socle ou des compétences à travailler.” Aussi, la découverte des champs professionnels évolue peu et reste limitée.

Les orientations professionnelles des élèves de SEGPA dépendraient surtout de leur secteur géographique. Les zones urbaines rendent plus facile la découverte des métiers que les zones rurales. Aussi, il semblerait que les SEGPA orientent en grande majorité, pour ne pas dire uniquement vers des métiers manuels. Et les enfants dyspraxiques ne sont pas calibrés pour ces métiers !!

Un premier avis :

Alors pensez vous à présent que la SEGPA soit une orientation scolaire à privilégier pour un enfant dyspraxique ? Ma réponse est NON ! Mais quand on considère que chaque cas est unique et que la dyspraxie est très hétérogène, on peut laisser une place au doute. Si c’est votre cas, alors à quoi devez vous réfléchir avant d’accepter une orientation en classe SEGPA pour votre enfant dyspraxique ? Et à qui revient la décision finale ?

Quelle orientation pour un enfant dyspraxique après le CM2 : Les points à prendre en compte

Quand on est parent d’un enfant dyspraxique, la question de l’orientation scolaire se pose souvent très tôt, dès le CM2. Et c’est très souvent nécessaire. Derrière cette question se cache souvent celle de l’autonomie. Va t-il réussir à s’orienter au collège, pour les changements de classe ? Son manque d’organisation ne va-t-il pas poser problème ? La prise de note sera t-elle accessible si il n’a pas d’ordinateur ou qu’il n’est pas encore autonome avec. S’il n’a pas d’aide humaine, d’AESH, comment va t-il s’en sortir seul ? Pour un enfant dyspraxique, la question de l’orientation scolaire est très tôt centrale car derrière cette question, se pose bien sûr celle de l’orientation professionnelle.

Les forces et les faiblesses de l’enfant dyspraxique

À mon avis, il faut réfléchir en terme de forces et de difficultés. On sait, par exemple, que les enfants dyspraxiques ont plus de facilités dans les métiers relationnelles. Donc, il est bien de se poser la question des domaines de compétences naturels qui ressortent de sa personnalité ? Pour quoi et dans quoi, d’après vous, est t-il naturellement bon ? Car, au-delà du socle commun et des connaissances déjà acquises ou non, pour moi, c’est une erreur d’essayer d’améliorer des compétences pour lesquelles à la base on est mauvais, voir très mauvais. Pourquoi ne pas essayer d’améliorer ce pour quoi on est déjà bon pour devenir excellent ? Le parcours, me semble t-il, en sera d’autant plus plaisant et motivant pour l’enfant. Et je pense qu’il aura d’autant plus à coeur de surmonter les difficultés.

Ceci permet également de lui faire prendre conscience de ses possibilités, souvent plus large que ce qu’il imagine. Il aura alors un cap. Car, à mon sens, si l’on n’a pas de point de destination, on ne peut pas tracer le plan de la route à suivre, pour arriver au but.

L’influence des pairs sur l’enfant dyspraxique

Des études ont montrées qu’il y avait une corrélation entre les résultats d’élèves regroupé par niveaux et leurs résultats finaux, au terme de leur scolarité.

La plupart des recherches des économistes concluent que la composition socio-économique ou scolaire des pairs a une influence sur les résultats scolaires des élèves. Ces effets semblent
plus forts à l’échelle de la classe que de l’établissement, comme l’indique la recherche de Burke et Sass [2013] qui propose une comparaison entre ces deux niveaux d’analyse. Dans la plupart des travaux empiriques, les effets de pairs transitent par le niveau scolaire des camarades de classe. Les caractéristiques socio-économiques des pairs ont également une
influence. Toutefois, ces deux dimensions sont fortement corrélées. Plusieurs recherches concluent que c’est le niveau scolaire des pairs qui explique avant tout les progressions des élèves
. Aussi les élèves d’origine défavorisée ou de faibles niveau scolaire semblent être plus sensibles aux effets de pairs.

Ce qu’on ne vous dit pas sur la SEGPA

Dans le rapport de juillet 2018 de l’IGEN, Inspection Générale de l’Éducation Nationale, il est noté qu’ “en rencontrant des élèves de SEGPA, la mission a ainsi pu constater que les élèves orientés dans cette structure ne présentaient pas tous des « difficultés graves et persistantes », mais relevaient
davantage de dispositifs pour élèves en situation de handicap ou élèves allophones
“. Aussi, ce même rapport fait l’état de peu d’inclusion dans les classes de même niveau de la structure du collège.

Aussi, d’après une étude de la Depp, division des études du ministère de l’Education nationale, de 2017, Parmi les 3% d’élèves entrés en Segpa, seulement 37% obtiennent finalement un diplôme. Peut-être que ça a changé depuis. Mais je n’ai trouvé aucune étude récente, dans ce sens.

Orientation d’un enfant dyspraxique après le CM2 : QUI DÉCIDE ?

“In fine, la décision appartient aux parents des élèves concernés qui peuvent, en dernière instance, refuser la proposition d’orientation que leur soumet la CDOEASD.”

Aussi, sachez que :

En 2005 déjà, la loi du 11 février 2005 énonçait « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », avec « le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire ». Quant à la question de la place de l’élève en situation de handicap à l’école ordinaire ou dans un établissement spécialisé, la loi a tranché et a instauré l’élaboration, l’application et le suivi d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) pour chaque élève en situation de handicap. La scolarisation en milieu ordinaire pour les élèves en situation de handicap est donc un droit !

En conclusion :

Quelle orientation pour un enfant dyspraxique après le CM2 : SEGPA ou ordinaire ? Autrement dit, une classe adaptée est-elle vraiment une bonne idée ? N’est-ce pas renoncer à l’inclusion ?

Le problème pour moi, avec la SEGPA, est que c’est une classe ou l’on regroupe les élèves en difficultés. Dans ce cadre là, il n’y a pas d’inclusion possible. On est plus proche de l’intégration que de l’inclusion.

Alors comment faire pour aider son enfant à quand même atteindre un certain niveau malgré les difficultés ? Comment lui permettre d’avoir un vrai choix de métier et non, une orientation par défault. Pour moi, l’inclusion des enfants dyspraxiques, c’est les maintenir dans une classe ordinaire avec une différenciation pédagogique et les aménagements dont ils ont besoin. C’est leur permettre une aide humaine ou la possibilité d’une assistance par ordinateur. D’ailleurs, si vous avez besoin d’aide pour monter un dossier MDPH, pour que votre enfant puisse bénéficier de tout ceci, cliquez . Ou aller en haut, dans le menu ou dans l’encart en bas de l’article, pour plus d’info. Pour moi, permettre la réussite c’est accepter et s’adapter, autant par les adultes enseignants que par les enfants, la différence de niveaux.

Peut-être que cette section s’avère être favorable pour certains enfants. Il est possible que des vocations peuvent se révéler. Mais pour un enfant atteint d’un Trouble du Développement de la Coordination avec des troubles des apprentissages associés je pense que ce n’est pas l’aider.

Si vous êtes parents ou enseignants, j’espère que cet article vous aura aidé à y voir plus clair quand à l’orientation pour un enfant dyspraxique après le CM2.

Si oui, quel est votre avis ? Avez-vous, vous même était en SEGPA ? Est-ce que ça vous a aidé ou plutôt coupé l’herbe sous le pied. Vous êtes vous senti exclu par rapport aux autres élèves ? Vous pouvez laisser vos témoignages dans les commentaires.

un dossier mdph en béton
Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  

Une réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.