Faire redoubler un enfant dyspraxique : bonne ou mauvaise idée ? C’est peut-être la question que vous vous posez pour votre enfant ou pour votre élève atteint d’un trouble du développement de la coordination ? Il a accumulé du retard dans ses apprentissages et vous vous demandez si le redoublement peut l’aider à rattraper ? Peut-être n’êtes vous même pas sûr de la cause des difficultés, et par conséquent, le doute du redoublement s’est installé ? Dans cet article, nous allons voir s’il est utile ou délétère de faire redoubler un enfant dyspraxique. C’est partie !

Faire redoubler un enfant dyspraxique peut-il l’aider à rattraper un retard scolaire?

J’ai constaté, que pour les enfants ayant un trouble de la coordination non prise en charge et peu sévère, la question du redoublement se posait souvent en CE2. C’est peut-être votre cas aussi ? Pourquoi ? Pour moi, les élèves concernés, n’ont pas pu être diagnostiqués assez tôt pour divers raisons. Ils ont donc accumulé un certain retard, du à leur dyspraxie. Peut-être ont-ils des troubles associés comme une dyslexie ou un Tdah ? Mais comment savoir à quoi est du le retard scolaire quand on a pas de diagnostic ou aucun bilans ? Car ces derniers, pourraient apporter des éléments de réponse. C’est ici, que pour moi, est la vrai question ! Est-ce un simple retard du à des difficultés d’ordres affectives et/ou environnementales qui peuvent se résoudre avec des interventions adaptées ? Où est-ce des troubles des apprentissages persistants et durables de l’ordre du handicap ?

Retard d’apprentissage ou troubles des apprentissages : comment faire la différence?

Un retard d’apprentissage, c’est quoi ?

On parle de retard scolaire ou d’apprentissage quand un enfant n’a pas acquis les connaissances du socle commun attendu par rapport à sa classe d’âge. Un enfant peut avoir un retard d’apprentissage suite à des difficultés de plusieurs natures. Je vais ici les différencier en distinguant le “simple retard d’apprentissage” et les “troubles d’apprentissage”.

Le “simple” retard d’apprentissage :

Un “simple” retard d’apprentissage est pour moi, un retard qui peut-être corrigé. On constate qu’un enfant peut avoir un retard suite à des difficultés d’origines différentes.

1.Ce peut-être dû à des problèmes familiaux. L’enfant n’est donc pas disponible pour apprendre.

2.L’enfant peut avoir un manque d’intérêts et/ou de motivation. Je vous en parle dans cet article et vous donnent des pistes pour redonner le goût d’apprendre à votre enfant.

3.Il peut avoir des problèmes d’anxiété de performance qui le paralyse.

4.Les difficultés peuvent-être aussi d’ordre pédagogiques. La méthode d’enseignement n’est pas adaptée au mode d’apprentissage de l’enfant. On sait aujourd’hui que chaque enfant à un mode de fonctionnement différent et surtout une façon d’apprendre et de retenir différente. Chacun traite l’information qu’il reçoit différemment et à donc un profil d’apprentissage qui lui est propre. Il peut être plutôt visuel, auditif ou verbal ou encore kinesthésique. Dans le livre “Apprendre autrement avec la pédagogie positive, Audrez Akoun et Isabelle Pailleau en parlent très bien. Elles vous aide justement à déceler quel est le profil de votre enfant pour mieux l’accompagner pendant, par exemple, les devoirs. Il y a également le site plaisir d’apprendre que j’aime beaucoup où vous trouverez des informations concernant les 7 profils d’apprentissage.

Les troubles des apprentissages :

On parle plus précisément de troubles spécifiques des apprentissages. Qu’est-ce que c’est ? Vous avez certainement déjà entendu parler du plus courant d’entre eux, la dyslexie. Il est spécifique car il touche principalement l’apprentissage de la lecture. Il s’accompagne généralement de la dysorthographie qui lui, touche l’écriture. Ensuite vous avez la dyscalculie, qui touche, comme son nom l’indique, l’apprentissage des calculs. Et puis vous avez les autres troubles, à qui sont généralement associés les troubles des apprentissages.

Les troubles moteurs et troubles de la communication

Dans les troubles moteur, on note le troubles du développement de la coordination, plus connu sous le nom de dyspraxie. Il y a d’autres troubles moteurs, mais je ne m’attarderais pas dessus ici, car ce sont des troubles généralement flagrants et détectés assez tôt. Les dispositions pour un enseignement adapté sont en principe déjà prise et la question du redoublement ne se pose pas. Et pour finir, dans les troubles de la communication vous avez la dysphasie.

À tout ceci peut s’ajouter un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, le TDA/H. Alors comment s’y retrouver ?

Soyez vigilant aux signes du retard

Une dyspraxie qui n’est pas diagnostiquée et prise en charge, entraîne un retard scolaire. Et comme c’est un handicap invisible et que l’enfant essaie généralement de compenser ses difficultés, elle peut facilement être assimilée à un manque de motivation de la part de l’élève, une immaturité ou à un déficit de l’attention. On peut mettre ça, aussi, sur le compte de l’environnement familiale. Si vous remarquez que les résultats de l’enfant sont très hétérogènes. Qu’il est très bon lorsqu’on l’interroge à l’orale mais très mauvais à l’écrit. Il va être bien à ce moment là, de FAIRE UN REPÉRAGE si vous soupçonnez chez votre enfant, ou votre élève, une dyspraxie. Comment ?

Tout d’abord, il est bon de connaître le développement normal de l’enfant, pour détecter ce qui dysfonctionne. Pour vous aider, j’ai écris un guide que vous pouvez télécharger gratuitement ici, ou en haut à droite de cet article. Avec ce guide, vous pourrez rapidement, vous faire une idée. Aussi, si votre enfant à des troubles associés comme une dyslexie. Il faut savoir qu’elle ne peut pas être diagnostiqué avant la fin du CE2. Car il faut 18 mois à 2 ans de retard à partir du moment ou l’enfant est entré dans l’apprentissage de la lecture. Alors faire redoubler l’enfant, peut s’avérer contre-productif.

Pour résumer cette première partie :

Le fait de pouvoir faire la différence entre un simple retard scolaire dû à des facteurs qui ne sont pas de l’ordre d’un trouble spécifique des apprentissages, peut déjà vous aider à prendre une décision. Car les retards “simples” peuvent être corrigés avec un plan de scolarisation qui ouvrent sur des aménagements scolaires, du type PPRE.

Par contre, si l’enfant bénéficie déjà d’aménagements scolaires, de type PAP, prévue pour les troubles des apprentissages, mais que ceci n’ont pas suffit. Si des bilans ou même un diagnostic allant dans le sens d’une dyspraxie, est en cours, il est clair que vous êtes face à un retard de l’ordre du handicap. Donc, il y a des freins cognitifs, qui peuvent être atténués, mais qui ne disparaîtront jamais. Par conséquent, ce sont des enfants qui ne peuvent pas accéder aux apprentissages sans compensations. Pour finir et répondre à la question, es-ce que le redoublement peut aider un enfant dyspraxique à rattraper un retard scolaire, sans compensation, la réponse est non.

Si l’enfant ne bénéficie d’aucune prise en charge pour ces troubles et qu’il n’a pas eu d’aménagement scolaire avec un plan de scolarisation, de type PPS, c’est comme vouloir faire monter les escaliers à un enfant en fauteuil roulant, pour aller en classe. Il n’atteindra jamais sa salle de cours aussi vite que ses camarades. Par contre, si on lui met une rampe d’accès, il a ses chances !

Faire redoubler un enfant dyspraxique est-il délétère ?

On a vu que faire redoubler un enfant dyspraxique ne changerait rien à ses performances scolaires si aucun aménagements, de l’ordre de la compensation n’est fait. Ceci peut-il être carrément délétère ?

Quand il y a une distorsion entre QI verbal et Qi de performance, il faut clairement se poser la question. Il est très fréquent que l’enfant dyspraxique, soit aussi haut potentiel. Si vous pouvez, faites lui passer le Wisk 5.

Il n’est pas rare que les enfants dyspraxiques souffrent d’une faible estime d’eux même et ne croient pas beaucoup en leur capacité à réussir. Du fait, de leur nombreux essaies et échecs dû au trouble du développement de la coordination, ce sont des enfants souvent fragiles psychologiquement. Donc, faire redoubler l’enfant peut renforcer en lui, ce sentiment d’échec. Et l’on sait que c’est à partir du sentiment de compétence que se construit la motivation. Même si l’enfant, en cours d’année, à accès aux aménagements, il faut garder en tête que ce sera toujours difficile pour lui.

Garder aussi en tête que pour l’enfant, c’est aussi lui faire perdre ses copains. Et ça peut être très mal vécu.

Il y a t-il quand même des bénéfices à faire redoubler un enfant dyspraxique ?

Certain pense que ne pas faire redoubler un enfant dyspraxique, alors qu’il a un retard dans certain domaine, est une erreur. Il pense que c’est carrément mettre l’enfant en trop grande difficulté et créer de la souffrance supplémentaire. Mais ne vous y trompez pas. Un élève atteint d’un trouble du développement a des compétences. Et c’est sur ses forces qu’il faut travailler. Lui montrer qu’il est capable de réussir, ce n’est pas à mon sens, lui faire refaire la même chose alors que l’on sait que ces difficultés sont indépendantes du travail fourni.

Peut-on refuser un redoublement ?

La réponse est clairement oui ! Comment ça se passe ? La décision est présentée aux parents via un document officiel. Les parents peuvent tout à fait refuser. Et c’est même à eux que revient la décision finale. Il suffit d’adresser un simple courrier pour contester le redoublement.

Pour conclure et pour répondre à la question “Faire redoubler un enfant dyspraxique : bonne ou mauvaise idée ? “. Je pense que vous l’aurez compris, en primaire, je suis clairement contre le redoublement d’un enfant dyspraxique. Je pense que ça n’apporte rien de positif, si ce n’est un semblant de remise à niveau qui en fait, n’est qu’illusoire. L’enfant peut retrouver une certaine confiance, mais ce ne sera jamais grâce au redoublement. Mais plutôt au soutient qu’il aura pu avoir de part les aménagements de compensation, la reconnaissance de ses difficultés et les prise en charge en rééducation.

Et vous, qu’en pensez vous ? Croyez vous que faire redoubler un enfant dyspraxique soit une bonne ou mauvaise chose ? N’hésitez pas à me partager votre avis dans les commentaires !

Si vous voulez aller plus loin et que vous souhaitez monter un dossier MDPH, pour justement mettre en place, pour votre enfant, ce fameux PPS. Si vous voulez gagner du temps et avoir un guide, qui vous servira, comme un GPS, à entamer toutes les démarches nécessaires, sans vous tromper. Cliquez sur l’image ci-dessous.

Et si cet article vous à plu ou que vous pensez qu’il peut-être utile à quelqu’un, n’hésitez pas à le partager.

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2 réponses

  1. Bonjour maman d un garçon de 15 ans diagnostiqué dyspraxie a 9 ans avec un haut potentiel,nous n avons jamais accepté le redoublement pour ne pas qu il perde confiance en lui. Il a gardé ses amis et le chemin a été compliqué au collège au niveau des professeurs qui ne comprennent pas toujours ce handicap. Aujourd’hui,il va bien et est heureux de rentrer en seconde professionnelle melec. Il adore le montage électrique il se destine a un métier dans la maintenance industrielle. Il est épanouie mais nous savons que le chemin sera encore compliqué au lycée. Je ne regrette pas nos choix . Les intits ont etes très attentifs et compréhensifs, ils ont mis tout en œuvre pour adapter les cours . Je suis d accord pour dire que le redoublement n est pas la solution. La solution c est de leur donner confiance en eux et de les diagnostiquer le plus tôt possible afin qu ils soient doter de matériel informatique et ou d une avs. Le parcours est long et compliqué et il faut se battre mais ce sont des enfants toujours extraordinaires ….

    1. Bonjour, merci beaucoup pour ce témoignage. Du fait que ce soit un handicap invisible et dû aussi au manque d’informations et de formations, j’ai pu faire l’expérience aussi pour mon fils, de l’incompréhension des enseigants, notamment en CE1 et CE2. Mais il ne faut pas lâcher et vous avez eu raison pour votre fils ! J’ai tendance à penser quand même que les choses sont en train de changer dans le bon sens, en tous cas je l’espère. C’est mon ambition avec ce blog ;-). La dyspraxie concerne en moyenne un enfant par classe de primaire. Alors, je vous rejoins totalement pour dire que la solution est dans un diagnostic précoce et que la confiance en eux est le pilier de leur futur.

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